Alors les nazes, ça y est, les vacances sont bien derrière nous. Vous êtes déjà en train de guetter les
prochaines, parce que, Babylon, on bosse trop.
Aujourd’hui, on va parler d’un métier de la musique qui est, aussi étonnant que cela puisse paraître,
hyper important dans la production d’un disque : les producteurs.
Oui, les gens de l’ombre. Ceux dont on ne retient jamais le nom, mais qui changent tout.
Le producteur, ce n’est pas juste le gars qui appuie sur « record ». C’est celui qui accompagne un
artiste dans la création d’un disque : choix du son, arrangements, prises de voix, parfois même la
direction artistique complète. Il est à la fois technicien, conseiller, confident, et parfois psy.
Prenez George Martin avec les Beatles : sans lui, jamais leurs albums n’auraient eu cette richesse,
ces arrangements orchestraux, ce son novateur. Bref, c’est souvent le pilote invisible d’un grand
disque.
Et là, je vais vous parler de mon préféré : Rick Rubin.
Le mec est un mystère, une énigme, une barbe blanche qui pourrait appartenir aussi bien à un moine
tibétain qu’à un gourou californien. Il a une réputation incroyable : il entre dans un studio, s’assoit
en tailleur, ferme les yeux… et il écoute. Juste ça.
Et pourtant, ça suffit pour transformer la musique. Sa méthode, c’est le dépouillement : il pousse les
artistes à revenir à l’essentiel, à aller chercher la vérité dans leur musique.
Perso, j’ai découvert Rick Rubin grâce à la série des American Recordings de Johnny Cash.
Quatre albums enregistrés à la fin de la vie de Cash, où Rick Rubin l’a simplement laissé seul avec
sa guitare, à nu. Plus de grands orchestres country, plus de fioritures. Juste Johnny et ses chansons.
Résultat ? Une série de disques bouleversants. Des reprises incroyables, comme « Hurt » de Nine
Inch Nails, qui te cloue au mur dès la première écoute.
Je n’étais pas spécialement fan de Johnny Cash, mais là… putain, la baffe. Excusez l’expression.
Ces albums valent à eux seuls le détour. Écoutez, et vous comprendrez.
Rick Rubin, ce n’est pas qu’un coup de génie avec Johnny Cash. C’est quarante ans de carrière et
une liste d’artistes produits longue comme un dimanche de pluie.
Un petit florilège :
- Beastie Boys (Licensed to Ill) – il a littéralement inventé le rap-rock.
- Run-DMC (Raising Hell) – avec ce disque, le hip-hop entre dans la culture populaire.
- Red Hot Chili Peppers (Blood Sugar Sex Magik, Californication, By the Way) – leurs plus
gros succès, c’est lui. - ZZ Top (La Futura) – il redonne un coup de fouet blues-rock aux barbus texans.
- Metallica (Death Magnetic) – il les ramène à un son plus brut.
- Slayer (Reign in Blood) – l’un des albums de metal les plus cultes de l’histoire.
- Black Sabbath (13) – leur dernier grand album studio, Rubin les pousse à revenir à l’esprit
des débuts. - System of a Down, Linkin Park, Jay-Z, The Strokes, Kanye West, et j’en passe.
Le gars a touché à tout : rap, métal, folk, pop, country, électro… Et souvent, les meilleurs albums de
chaque artiste portent sa patte. Son secret : il retire le superflu, pour laisser l’artiste nu face à sa
vérité musicale.
Voilà pourquoi Rick Rubin reste pour moi un producteur à part. Un vrai maître zen du son.
Avec lui, pas besoin de trente-six pistes et de mille effets. Juste une voix, une guitare, une sincérité.
Et ça marche.
Alors voilà, les amis, chronique un peu spéciale aujourd’hui. Mais si vous voulez vous faire plaisir
aux oreilles, foncez écouter les American Recordings de Johnny Cash, ou plongez dans
n’importe quel disque produit par Rubin. Vous verrez : ça respire, ça vit, ça vibre.
La bise, bande de nazes.
Et à bientôt pour un nouveau voyage sonore dans Le Panier de Bill.
