Le loup rétrogradé à « protégée » : Quel impact pour le Var et la biodiversité ?

Une décision controversée de la Convention de Berne

Le 3 décembre, la Convention de Berne a validé une mesure historique : le loup, espèce autrefois considérée comme « strictement protégée », est désormais classée comme « protégée ». Ce changement soulève des questions majeures, notamment dans le Var, département marqué par une cohabitation parfois conflictuelle entre éleveurs et défenseurs de la biodiversité.

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La place du loup dans les massifs du Var, entre admiration et hostilité.

Une décision européenne aux répercussions locales

Adoptée à Strasbourg, cette révision a été approuvée par les 49 États membres de la Convention. L’objectif affiché ? « Mieux protéger le bétail » dans un contexte où la population de loups continue de croître. Selon le Conseil de l’Europe, cette modification entrera en vigueur d’ici trois mois, sauf objection d’un tiers des parties.

Dans le Var, territoire agricole et touristique, la question est sensible. Si les éleveurs dénoncent régulièrement des attaques sur leurs troupeaux, les défenseurs de l’environnement s’inquiètent des répercussions pour cet animal emblématique.

Une population de loups en hausse, source de tensions croissantes.

Pressions des éleveurs ou nécessité écologique ?

Le loup, réapparu en France dans les années 1990 après son extermination au début du XXe siècle, a vu sa population atteindre 20 300 individus en 2023, principalement dans les Balkans, l’Espagne et l’Italie. Ce retour est loin de faire l’unanimité.

Pour les éleveurs du Var, cette rétrogradation constitue une victoire. Ils espèrent une « généralisation » des tirs de régulation, aujourd’hui soumis à des dérogations strictes. Mais pour les associations de protection de la faune, cette décision risque de compromettre des décennies d’efforts en matière de conservation.

Éleveurs et associations divisés par la révision du statut du loup.

Vers une augmentation des tirs ?

En France, les tirs sur les loups sont déjà autorisés sous certaines conditions, mais cette révision pourrait faciliter leur mise en œuvre. Pour les agriculteurs du Var, dont certains ont subi des pertes importantes, c’est un soulagement attendu.

Cependant, plusieurs experts alertent sur les effets pervers de ces mesures. La prédation du loup joue un rôle clé dans la régulation des écosystèmes, notamment en contrôlant les populations d’ongulés.


Une biodiversité en péril ?

Pour les naturalistes, cette décision européenne traduit un recul dans la préservation des espèces sauvages. Le loup, symbole de la lutte pour la biodiversité, pourrait devenir une cible facile, réduisant ainsi son rôle écologique.

Dans le Var, où les zones protégées comme les Maures et le Verdon abritent une biodiversité précieuse, cette mesure pourrait entraîner une révision des politiques locales de gestion des grands prédateurs.


Réactions dans le Var : entre satisfaction et indignation

Éleveurs : un sentiment d’allègement

Pour certains éleveurs du département, le déclassement du loup est une avancée logique. « Nous avons trop longtemps été les oubliés des politiques environnementales », affirme un représentant agricole varois.

Associations : une menace pour l’équilibre naturel

À l’opposé, les associations écologistes locales dénoncent une mesure motivée par des pressions économiques. « On sacrifie la biodiversité au profit d’intérêts à court terme », regrette un porte-parole de l’association Faune Var.


Quelles perspectives pour le loup dans le Var ?

Dans les prochains mois, les acteurs locaux devront s’adapter à cette nouvelle réglementation. Des ajustements seront nécessaires pour trouver un équilibre entre protection des activités agricoles et préservation de la biodiversité.
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Source2

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Pensez-vous que cette décision est justifiée ? Faut-il favoriser les intérêts des éleveurs ou renforcer la protection des espèces sauvages ? Exprimez votre opinion dans les commentaires ci-dessous.

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